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Bonne nouvelle: this is not the last novel

Moins connu que ses camarades étiquetés postmodernes, David Markson bénéficiera peut-être enfin d’un coup de projecteur à l’occasion de la publication au Lot 49 de « Arrêter d’écrire ». C’est en tout cas une occasion de nous replonger dans une œuvre assez atypique, bien loin des monstres bruyants de Pynchon, Coover ou autres Gass.

Dans les années ’50 déjà, David Markson était bien connu de ceux qui fréquentaient les milieux littéraires new yorkais. Ami de Malcolm Lowry – jeune disciple est peut-être plus exact-, compagnon de beuverie de Dylan Thomas, hébergeur occasionnel de Jack Kerouac, éditeur, il tourne beaucoup dans le Village à une époque où être écrivain était plus branché qu’être acteur. De façon plus significative pour moi, il est aussi au moins indirectement responsable du retour sur le devant de la scènes des « Recognitions » de William Gaddis : en 1961, lors d’un dîner, il parlait tellement bien du livre que son invité, un éditeur, lui jura qu’il allait le lire. Quelques mois plus tard, il appris que le roman allait être réédité. Ainsi commença une nouvelle vie pour l’œuvre de Gaddis, scandaleusement ignorée depuis la publication de son premier chef-d’œuvre.

Bien que « Going Down », qu’il considère comme son premier livre « sérieux », ne paraît qu’en 1967, il est déjà alors un auteur expérimenté : quatre titres depuis le début des années ’60, mais rien, selon lui, de bien important. Le plus connu est sans doute « The ballad of Dingus Magee », western humoristique qui apporta à Markson les moyens financiers pour se consacrer à l’écriture de ses « vrais » livres lorsque Hollywood en acheta les droits. Le film, avec Franck Sinatra, est, dit-on, une catastrophe. Il y a aussi « Miss doll, go home » ainsi que deux polars « Epitaph for a tramp » et « Epitaph for a deadbeat » récemment réédités en Omnibus par Shoemaker & Hoard.

Contrairement au « Gascoyne » de Stanley Crawford, roman policier secoué en un exercice complètement dingue, les deux polars de Markson n’ont pas pour prétention de révolutionner le genre : ils sont le résultat de l’entreprise alimentaire d’un auteur confronté au double syndrome de la page blanche et de l’assiette vide. Si vous n’aimez pas les livres de genre, ce n’est pas pour vous. C’est, à première vue, le travail d’un bon artisan connaissant tous les poncifs et les lieux communs. Fannin, son private investigator, est grand, fort et séduisant, il se bat le plus souvent à mains nues et doit se débattre avec des enquêtes à la complexité grandissante, où tout le monde est susceptible de vous donner un coup de surin dans le dos. Franchement, l’amateur de polar appréciera sans doute mais il ne le classera pas dans les grandes réussites non plus – la jaquette de la réédition prétend de façon ahurissante qu’il s’agit des meilleurs depuis les Chandler, faut pas pousser : l’accumulation de clichés est par trop évidente. En fait, on se demande même si Markson, par moment, ne voulait introduire un peu de satire dans ses histoires. Je suppose que certains le diront, mais je ne suis pas convaincu : la satire implique le jeu avec la forme et celui-ci me semble absent. Dans « A frolic of his own », Gaddis signale qu’on appelle souvent satire ce qui n’est que l’approche ratée d’un univers particulier : on veut écrire un roman sur la guerre qui serait révolutionnaire, on rate son coup et on parle de satire féroce pour dissimuler la carcasse puante de nos ambitions déçues. Oublions donc cette piste qui ne rend pas justice au travail correct de Markson.

Au-delà du moment de « good clean fun », il y a quand même une certaine originalité dans ces deux livres : leur action se déroule dans le Greenwich Village beat du début des années ’60, victimes et assassins sont recrutés parmi écrivains impécunieux, artistes ratés, filles faciles et épaves alcoolisées. Markson livre un portrait au vitriol de ce petit monde, chose d’autant plus remarquable qu’il en est partie prenante : ce n’est pas le travail d’un auteur extérieur ne supportant pas cette petite coterie de (parfois) pseudo-artistes. On peut supposer que ces romans étaient destinés bien sûr aux lecteurs de polars bon marché mais qu’ils ont aussi été lus par les amis de Markson, ceux-là même qui, peut-être, se trouvent derrière l’un ou l’autre des personnages. On aimerait connaître leur réaction à l’époque.

« Epitaph for a tramp » et « Epitaph for a deadbeat » sont donc des romans policiers divertissants dotés d’un plus pour les amateurs de petite histoire littéraire de par le milieu dans lequel il se déroule, dépeint de façon franchement plus intéressante que le tableau anecdotique qu’en a fait Alice Denham l’an passé et plus brêve que ce qu’en avait dit Gaddis dans « The Recognitions » – moins méchante et désespérée aussi. C’est également le polar le plus littéraire qu’il m’ait été donné de lire. Je ne parle pas de style, mais bien de l’omniprésence de références aux lettres les plus avant-gardistes de l’époque. Je ne résiste pas à vous resservir le résumé de « Lolita » par Fannin : « a sad story about a twelve-year-old girl who couldn’t find anyone her own age to play with ».

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis, et les derniers livres de Markson ne sauraient être plus éloignés de ces travaux alimentaires. Pourtant, lorsque Fannin est sonné, on entend déjà la voix que l’auteur allait emprunter vingt-sept ans plus tard dans son magistral « Wittgenstein’s mistress » : celle de quelqu’un parlant en aphorismes pas toujours corrects. J’avais évoqué en oblique ce livre assez extraordinaire en début d’année. C’est en quelque sorte le précurseur de la série de non-romans que Markson vient de conclure en mai dernier avec « The last novel » - il a d’ailleurs le message suivant à faire passer : « Wondering if there is any viable way to convince critics never to use the word tetralogy without also adding that each volume can be readily read by itself ? » - bien que, cette fois-ci, tout ce qui est dit soit absolument vrai.

« Reader’s block », « This is not a novel », « Vanishing point » et « The las novel » forment donc une suite de livres que Markson décrit comme non-linéaires, faits de collages, débarrassés d’intrigues et de scènes, avec très peu de place (moins de 2%, dit-il) laissée au narrateur (qui change de livre en livre : lecteur, écrivain, auteur et romancier). Ils sont composés de citations, de faits surprenants ramassés en paragraphes de une à deux phrases. Markson dit s’être un jour rendu compte qu’il avait noté assez d’infos surprenantes dans ces diverses lectures pour remplir un volume. Il s’est trompé : il en est à quatre, mais jure ses grands dieux que c’est terminé.

« A novel of intellectual reference and allusion, so to speak minus much of the novel. »

Ce type de livre pourrait s’apparenter à un mode plutôt paresseux d’écriture automatique. N’en déplaise aux mauvaises langues, il n’en est rien. Si le but de Markson n’est pas d’écrire un roman traditionnel mais bien d’offrir des textes où ce qui importe est la structure poétique, il ne faudrait pas conclure à l’absence de narration, quand bien même sa forme serait exceptionnellement inhabituelle. Il y a, par exemple, deux thèmes dans « Arrêter d’écrire » (traduction de « This is not a novel » par Claro) : celui de la mort, absolument omniprésente à travers un nombre incalculable de phrases décrivant la mort d’artistes, et celui du roman. Si le premier fonctionne surtout par accumulation, le deuxième est nettement plus subtilement abordé, puisqu’il est intimement lié à la structure même du texte et aide le lecteur à se rendre compte que Markson ne s’est pas contenté de disséminer ses miscellanées au hasard. A travers ses propres interventions et les anecdotes ou citations choisies, le narrateur indique qu’il voudrait faire un roman sans intrigue, sans personnage, sans décor, sans action, sans sociologie, sans politique, mais qui se laisserait quand même lire. Malheureusement, il pense que cette volonté va le forcer à abandonner l’écriture puisqu’il semble qu’il est impossible de concrétiser ses ambitions, si l’on en croit Forster et autres auteurs traditionnels amplement cités afin de déprimer notre écrivain castré par la prégnance des théories du roman classique. Au fil des pages, évidemment, Markson prouve qu’il est possible de faire ce qu’on lui dit être impossible – on reprendra cette phrase de Dizzy Dean, joueur de baseball : « si t’en es capable, c’est pas de la vantardise », leitmotiv véritable de « Arrêter d’écrire ». Cette confrontation entre deux visions opposées de la littérature ne ressort qu’à travers le subtil et rigoureux assemblage de ces citations, anecdotes et rares interventions du narrateur. Ce qui fait la force d’ « Arrêter d’écrire » n’est ni la forme inhabituelle de l’écriture, ni cette suite d’aphorisme, mais bien le montage assez sidérant qui permet de donner un sens à ce qui aurait pu rester un exercice de copier / coller bien peu original à l’époque d’internet.

« The last novel », malgré son titre, est nettement moins dominé par la mort que « Arrêter d’écrire » - ce qui m’a rendu sa lecture nettement plus agréable, je dois dire- bien que le leitmotiv soit, cette fois-ci, une petite ritournelle assez fataliste : « Old. Tired. Sick. Alone. Broke. » Romancier est en train d’écrire son dernier livre précisément parce qu’il est las, abandonné de tous, sans le sou. Cette fois-ci, le thème est celui du sort de l’artiste, condamné, apparemment, à être ignoré de son vivant ou, à tout le moins, à voir son importance réelle niée pendant de longues années. Pour preuve, de nombreuses anecdotes. Shakespeare n’a été enseigné à Oxford qu’à partir de la deuxième moitié du 19eme siècle, par exemple. Il y a aussi la critique qui se tromperait de façon retentissante en glorifiant un minus habens : Markson semble incrédule lorsqu’il lit que Bob Dylan serait l’un des trois grands poètes du siècle passé. C’est aussi l’illustration de ce qui se met en travers du chemin que l’artiste doit parcourir pour arriver à son but : le manque d’argent, la mort, la médisance des autres artistes. J’ai l’impression que la structure est moins habile ou moins significative que dans « Arrêter d’écrire », par exemple mais le résultat reste assez impressionnant.

Certains diront que ce qui était au départ une bonne idée s’est transformé en processus. C’est peut-être partiellement vrai, même si les quatre livres, identiques formellement et connectés thématiquement, abordent chacun un aspect différent du travail d’artiste. Une série de variations, en somme. Markson se demande d’ailleurs pourquoi on reproche à l’écrivain ce que l’on ne penserait pas à reprocher au musicien. Ou au peintre :

« Reviewers who protest that Novelist has lately appeared to be writing
the same book over and over.
Like their grandly perspicacious uncles--who groused that Monet had done
those damnable water lilies nine dozen times already also. »

Quoiqu’il en soit, Markson changera sa technique pour son prochain livre, il le promet. Ce qui est réjouissant donc, c’est que « The last novel » ne sera pas la dernière, d’autant plus qu’on m’avait récemment dit qu’il était gravement malade. Je me suis depuis rendu compte qu’on disait déjà pareil à la publication US d’ « Arrêter d’écrire » il y a six ans. A croire que la forme étrange employée a fait oublier à tous que si le narrateur était à l’article de la mort, l’auteur n’était pas nécessairement dans le cas. On attend la suite.

David Markson, Epitaph for a tramp & Epitaph for a dead beat, Shoemaker & Hoard, $14
David Markson, Arrêter d’écrire, Cherche-Midi coll. Lot 49, 15€
David Markson, The last novel, Shoemaker & Hoard, $15

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Trois brèves

  • Nouveau numéro de la Quarterly Conversation de Scott Esposito, qui intéressera particulièrement les amateurs de Roberto Bolaño : on y trouve un article sur la géométrie de ses fictions par Javier Moreno – l’homme qui a créé le fameux triangle enfermant l’œuvre bolanesque-, un autre sur les raisons du succès grandissant de l’auteur outre-atlantique, ainsi que des entretiens avec ses deux traducteurs, Chris Andrews et Natasha Wimmer (si quelqu’un a l’email de Robert Amutio, faut me faire signe…). En plus, la Conversation propose des critiques des nouveaux livres de DeLillo (bientôt ici aussi), Alarcon et Markson.
  • On finira avec Fausto qui est dans un creux actuellement : rythme de lecture ralenti, difficultés d’écriture, activités dans le monde du dehors. Please bear with me, ça redémarrera comme avant bientôt, j’espère. En plus de « Falling Man » on reparlera de Barth, de Matthew Sharpe et puis, à la rentrée, de Vollmann – dont j’ai reçu récemment les épreuves de l'étude sur Copernic, « Décentrer la terre », à paraître fin août chez Tristram.

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Promenade

« Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.»

Ces vers d’Antonio Machado me semblent une bonne façon d’aborder « Les anneaux de Saturne » de W.G. Sebald. Résumer un livre comme ça en quelques phrases est une tâche ingrate destinée aux indélicats qui pensent pouvoir retirer la substantifique moelle d’une œuvre en deux, trois coups d’hache émoussée. J’ai succombé à cette tentation de nombreuses fois, et ai peur de ne pouvoir l’éviter cette fois-ci non plus malgré toute ma bonne volonté. Je suis bien trop faible d’esprit pour ne pas tomber dans le démoniaque piège de la facilité.

On connaît de nombreux livres à vocation encyclopédique, où l’auteur affiche l’intention claire d’enfermer entre les pages marquées à l’encre la plus noire tout ce que le monde avait jusqu’alors d’indicible, révélant ainsi à tous la brute et horrible réalité qui nous entoure, sans que l’on en ait le moindre soupçon. Cette ambition presque métaphysique est bien souvent couronnée des lauriers desséchés d’un échec qui n’est pas fracassant tant il s’avère absolument minable. Sebald ne tombe pas dans ce piège.

Comme Walser, le narrateur se ballade. L’air de ne pas y toucher, il jette sur la page les impressions retirées d’une longue promenade dans une zone assez circonscrite géographiquement : la superbe campagne anglaise du Suffolk. Qui aimer marcher sait à quel point l’esprit travaille, gamberge, prend la tangente au cours de ces journées solitaires. Inévitablement, Sebald digresse. Son esprit part dans tous les sens, son livre aussi. Pourtant, le chaos n’est qu’apparent. Petit à petit, en observant tour à tour chaque détail, chaque anecdote, chaque leçon de choses, force est de constater que le lecteur à devant lui le portrait superbement ordonné d’un monde qui n’est plus vraiment ce qu’il était.

Mutatis mutandis, « Les anneaux de Saturne » évoquent en moi, la folie du narrateur en moins, le « Wittgenstein’s mistress » de David Markson, cet admirable travail sur l’art, la mémoire et l’identité – quelle ne fut d’ailleurs pas ma stupéfaction de découvrir que Scott Esposito avait déjà fait le lien. Sebald parcourt les ruines d’un monde sur le chemin de la destruction et s’affaire à en retirer des souvenirs, des épiphanies situées quelque part entre le fictionnel et le non fictionnel, dans une zone d’incertitude qui, pourtant, frappe l’imagination et éclaire le jour d’une lumière irradiante jusque là inconnue. Oui, on en apprend plus sur nous-mêmes et nos confrères en disgrâce dans ces quatre cents pages que dans quelque prose bassement réaliste que ce soit, trop contente qu’elle est de se rouler dans la fange d’un quotidien glauque qui ne saurait plaire qu’au thanatologue ne se sentant plus d’aise dans l’odeur de putréfaction dégagée par les entrailles de notre monde.

W.G. Sebald, Les anneaux de Saturne, Folio, 7.70€

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La maîtresse de Wittgenstein

Au début, je laissais parfois des messages sur des blogs.
Ce livre est excellent, disaient certains de ces messages. Ou il est très bien.
Bien sûr, ils ne pouvaient dire ça que si j’étais sur un blog littéraire, si j’étais sur un blog de football, ça aurait été autre chose. Nigel Reo-Coker court comme un poulet décapité, c’est ce qu’ils auraient dit si j’étais sur un blog de fans de West Ham.
Personne n’écoutait. Quoiqu’il faudrait plutôt dire lisait, puisque c’était des messages que j’écrivais, pas que je disais.
Enfin, j’ai commencé à faire mon site, pour écrire ce que je pense sur des livres.
Peut-être comme ça les gens lisent. Et réagissent. Mais c’est difficile à savoir.
Ce que les gens font, parfois, hein !
Je crois que William Gaddis a écrit les « Reconnaissances », et il y avait un critique aigri. Ou bien un romancier sans lecteur. Ou alors, c’était dans « Jr ».
Et William Gaddis avait un ami. Brian Markson. Ou bien David.Je ne sais plus. Mais cet ami était écrivain, ça je le sais.
David Markson, il a écrit un livre. Il faudrait plutôt dire qu’il a écrit beaucoup de livres, parce que c’est vrai. Il n’est quand même plus tout jeune.
Je me souviens de son roman, « Wittgenstein’s mistress ». Mais c’était peut-être un essai philosophique. Ou une histoire de la peinture. Ou encore un récit linguistique. Ce n’est pas très clair.
Mais je me souviens que le narrateur est une femme. Je devrais donc dire narratrice. Kate est son nom.
Et elle se promène avec des balles de tennis. Je ne sais plus où j’ai lu ça.
Peut-être dans une histoire de Kate. Ou dans une vie de Wittgenstein avec Kate.
Toujours est-il que Kate écrit un peu comme ça. Je me rends compte que je dis un peu comme ça, mais vous ne savez pas ce que c’est, un peu comme ça. C’est dur parfois d’arriver à dire ce qu’ont veut essayer de dire.
Pauvre David Markson ! Il a reçu 54 refus pour « Wittgenstein’s mistress ». 54 !
Finalement, c’est un éditeur, monsieur Dalkey, je pense, qui a dit oui. Je crois qu’il y a eu neuf éditions.
Et maintenant, c’est même étudié dans les universités. Peut-être que Nietzsche l’enseigne en refusant de serrer les mains. Ou alors c’est Spinoza parce qu’il a été excommunié.
Pauvre David Markson. Il est en mauvaise santé. C’est triste, mais c’est moins triste que Kate qui vit seule au monde avec plein de références qui s’entrechoquent dans la tête.
C’est marrant la langue. Vous pensez vraiment que les références se rentrent dedans comme des voitures à un carrefour dangereux ?

David Markson, Wittgenstein’s mistress, Dalkey Archive, $12.95

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